Éditorial du 19 octobre 2009  Envoyer

Accélération temporelle

Nous ne cessons de nous répéter que le « temps s’accélère », alors que nous avons du mal à trouver un moment dans nos emplois du temps chargés. Les semaines défilent, les années se suivent à une vitesse vertigineuse…

Je ne suis pas physicienne ou mathématicienne et serais bien incapable de disserter sur les mouvements de rétraction/dilatation de l’espace-temps !

Une chose apparaît en tout cas : nos « biographies » ne paraissent pas ressembler à celles des siècles passés.

Combien de vies vivons-nous en une seule ? Il n’est plus rare d’avoir plusieurs compagnes/compagnons au cours de notre vie amoureuse, de déménager et changer d’emploi plusieurs fois, d’être confronté à d’autres modes de vie, de pensée…

Là où souvent, jadis, les vies étaient, globalement et très schématiquement, organisées chronologiquement : petite enfance, adolescence, mariage, enfants, femmes au foyer et époux reprenant l’entreprise paternelle, nos enfants expérimentent désormais les drames des séparations parentales qui les font mûrir prématurément, des adultes vivent leur adolescence sur le tard, des retraités vivent une « nouvelle vie ».

Ajoutons à cela, une avalanche permanente de stimuli et d’informations et nous baignons dans un environnement qui nous interpelle sans cesse, comme pour nous faire « mûrir » plus vite, nous façonner, parfois nous laminer, mais, parfois aussi, nous transcender.

Y aurait-il urgence ? Et si oui, à quoi ?

Oui, il y a urgence.

Urgence à prendre conscience que la Terre est « petite » et que nous sommes tous reliés les uns aux autres.

Urgence à changer nos comportements, dépasser des querelles de chapelle. Urgence à être à la fois installés dans une saine individualité tout en se mettant au service de la communauté.

Et savez-vous où je remarque cela fréquemment et de plus en plus souvent ?

Dans le regard incroyable des tout-petits enfants !

Ils ne marchent parfois pas encore, mais sont déjà capables de vous fixer d’un regard qui ne sourcille pas et qui vous dit par exemple :

« Mes parents savent-ils que j’ai déjà repéré leurs enfantillages ? J’espère que je vais les aider à changer »

ou bien : « Je sais déjà tellement de choses. Je n’ai pas encore la parole, mais j’ai déjà tout compris des relations d’adultes ! »

Les enfants étoiles, « les enfants indigo » sont les petits messagers d’un temps qui s’accélère pour faire grandir notre humanité.

Ils sont porteurs d’une énergie forte en ce sens qu’ils ne s’en « laissent pas compter », et correspondent de moins en moins à l’idée classique du « bébé ».

Ils regardent, ils entendent et leurs regards fixent, répondent, désapprouvent, questionnent.

En grandissant, ils adorent tout particulièrement mettre les parents en face de leurs responsabilités : savoir dire oui ou non, se respecter et respecter l’Autre, être fidèle à ce que l’on prêche.

Ils renvoient les adultes à leur cohérence, leur authenticité.

Et gare aux parents qui les traitent avec condescendance ou en les infantilisant : ils sauront leur faire comprendre qu’ils ont droit au respect, à l’explication, à la vérité !

En cela, ces petits messagers participent à l’accélération d’une maturation et de l’évolution des adultes.

Nos enfants risquent de bousculer bien des choses et c’est tant mieux.

Mais, au fait, lorsque nous interceptons ces messages, ne sommes-nous pas déjà, nous-mêmes, porteurs du changement ?

Béatrice LANNEAU
 
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