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Le BIB de M. Sarkozy dans la presse

Notre avis sur l'article ci dessous

le BIB devient comme le développement durable un sujet très à la mode. Et si nos politiques cessaient de parler pour passer aux actes ? À quand une loi européenne pour faire entrer les nouveaux critères de croissance dans la réalité de nos vies quotidiennnes? Il faut qu'une loi oblige les états à compter autrement .

Les beaux rapports et les belles commissions sont déjà là. Arrêtons de nous laisser berner par des propos qui ne sont que du maquillage. Si M. Sarkozy veut vraiment changer les choses sur ce point comme sur les autres, il le peut. Le veut-il ?

Nous en doutons.


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Casser le thermomètre de la croissance ?

Jean-Pierre Robin dans "le Figaro" 
15/06/2009 | Mise à jour : 08:29
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LIBRES ECHANGES - Les Français «n'en peuvent plus de l'écart grandissant entre des statistiques qui affichent un progrès continu et des difficultés croissantes qu'ils éprouvent dans leur vie quotidienne».

C'était le 8 janvier 2008,lors de ses vœux à la presse. Nicolas Sarkozy remettait en cause la pertinence de la comptabilité nationale et du produit intérieur brut (PIB) à mesurer «les conditions réelles de la qualité de vie». Et, dans la foulée, il demandait à deux Prix Nobel, Joseph Stiglitz et Amartya Sern, de constituer «une commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social». Le rapport, dont il existe un projet sur le site de la commission,sera remis aux alentours du 10 juillet.

Il s'articulera en trois séries de propositions. Faut-il tout d'abord remédier aux lacunes bien connues du PIB ? Exemple : ce dernier ne tient pas compte du travail domestique. Or,selon la commission Stiglitz, il faudrait ajouter 35 % à la richesse nationalesi on comptabilisait les services produits par les ménages pour leur propre usage.De même, les services publics sont évalués de façon contestable, à proportion de leurs coûts de production et non pasen fonction de la satisfaction des usagers.

Le deuxième volet portera sur le bien-être et les inégalités, que le PIB ignore superbement. Seule lui importela valeur des produits, au prix du marché, indépendamment de la satisfaction «subjective» des consommateurs. Troisième axe, la préservation de l'environnement. Elle échappe aujourd'hui au calcul de la richesse nationale. Ainsi, une marée noire contribue-t-elle à accroître la production dans la mesure où il faut mobiliser des ressources pour en combattre les dégâts ! Au grand dam des écologistes.

Mais est-il opportun de critiquer actuellement le PIB alors qu'il se dérobe sous nos pieds ? La  richesse nationale» , au sens traditionnel du terme, risque fort, on le sait, de reculer de 4 % dans la zone euro en 2009. Stigmatiser le thermomètre revient à se comporter comme le renard de la fable : «Ces raisins sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats», faute de pouvoir les atteindre. «Le PIB reste un outil de pilotage des économies plus actuel que jamais», avertit un des rapporteurs de la commission Stiglitz, à ceux qui voudraient le jeter par-dessus les moulins. En même temps, la chute stupéfiante de l'activité donne une acuité supplémentaire aux questions d'inégalités et de bien-être. «Après tout, un recul de 2 % à 4 % de la richesse n'est pas en soi dramatique. Cela nous ramène deux ans en arrière, comme l'a fait remarquer, provocateur, Silvio Berlusconi, notant qu'on ne vivait pas si mal alors ! Sauf que la crise frappe de façon très inégalitaire. Catastrophique pour les chômeurs,elle induit des spirales dépressives», souligne cet expert.

Loin d'être académique, la mesure de la performance économique s'avère fondamentale. L'invention de la comptabilité nationale a été une réponse à la Grande Dépression des années 1930. On ne disposait à l'époque d'aucune statistique générale, en dehors des cours boursiers ou des données de production établies plus ou moins bien par les professions. Dès 1932, avant même l'élection de Roosevelt et le New Deal, le Congrès américain a demandé à l'économiste Simon Kuznets (couronné Prix Nobel en 1971) d'estimer le recul de l'activité globale. Il s'est alors avéré qu'elle avait chuté de 40 % entre 1929 et 1932.

La commission Stiglitz n'envisage pas de substituer au PIB un autre indicateur synthétique unique. Il s'agit d'apporter des éclairages complémentaires. Un «PIB vert», s'efforçant de prendre en compte le coût de régénération des ressources naturelles, serait au moins aussi arbitraire. Cela impliquerait des hypothèses trop nombreuses pour être acceptées par l'opinion publique. Il faut être facilement compréhensible. D'où, par exemple, l'intérêt de l'«empreinte carbone» (le volume de dioxyde de carbone émis par combustion d'énergies fossiles par tout un chacun). Une mesure simple et valable à la fois au niveau de l'individu, de l'entreprise et des pays. «Ce qui en fait un instrument puissant pour contrôlerle comportement des acteurs», souligne le prérapport.

L'objectif est clair : réconcilier l'économie et le développement durable, aider les décideurs politiques à rationaliser leurs choix. Car l'écologie et la croissance ne sont nullement incompatibles. Au contraire. La part importante accordée aux «industries vertes» dans les programmes de relance en témoigne. Le plan Obama a dégagé 35 milliards d'euros pour promouvoir les énergies propres. L'Espagne, en retard dans ces domaines et très secouée par la crise, a alloué 27 milliards de fonds publics au chapitre des énergies renouvelables et de l'environnement. Les économistes doivent inventer des concepts aussi innovants que le fut le PIB dans les années 1930 et 1940, sans se croire obligé d'en brûler les acquis.

 
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