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"L'émotion la plus magnifique et la plus profonde est la sensation mystique. Là est le genre de toute science véritable.
Celui à qui cette science est étrangère, qui ne sait plus être saisi d'admiration ni éperdu d'extase est un homme mort."
ALBERT EINSTEIN
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Quelques remarques
L’accroissement du nombre des scientifiques qui tirent la sonnette d’alarme est à lui seul un indice suffisant.
Ils ne peuvent pas tous se tromper sur les mêmes éléments…
Il n’est pas nécessaire de valider telle ou telle hypothèse pour demain, le constat de la situation d’aujourd’hui se suffit à lui-même.
La question n’est pas de savoir si tous ces savants font tous les mêmes prévisions pour demain. Ce qui compte, c’est qu’ils sont unanimes pour constater les premiers effets réels des dégradations commises dans un passé récent.
Au reste dans certains domaines, les constatations ne sont plus réservées à une seule élite scientifique. Chacun peut à l’occasion observer la fonte accélérée des glaciers, les changements climatiques, l’augmentation du nombre des cancers, la toxicité de certains aliments, la pollution de l’air et de l’eau, la croissance qualitative et quantitative des catastrophes dites « naturelles ».
L’évolution actuelle ne s’inscrit pas dans les lois de l’évolution universelle.
Les bouleversements actuels sont sans précédent dans leur intensité et leur rapidité. Ils ne laissent plus à la Terre, et aux espèces vivantes qui l’habite, le temps de s’adapter et se régénérer.
L’énergie nucléaire crée en quelques secondes des éléments dont certains ne disparaîtront qu’après plusieurs centaines sinon milliers d’années, et dans le même temps, nous détruisons à chaque instant des ressources énergétiques que la Terre a mis des millions d’années à produire .
S’il est vrai que notre Planète a déjà connu des bouleversements considérables, c’est la première fois que ces bouleversements sont commis inutilement par les êtres humains
…car chacun sait bien aujourd’hui que la consommation excessive de biens et services de toutes sortes ne conduit pas au bonheur…
Ce que disent les scientifiques à propos de :
• Les effets déjà visibles des dégradations commises
"Nous sommes engagés dans une gigantesque expérimentation sur le climat à l’échelle de la planète. Nous en observons les effets déjà bien visibles […] Contrairement à l’expérimentation scientifique, nous ne pouvons pas simplement arrêter le déroulement de l’expérience au cas où elle tournerait mal . Ni même fermer le labo et rentrer chez nous. Nous sommes dans l’éprouvette. Non seulement nous, mais aussi nos enfants et petits enfants."
Hubert Reeves "Mal de Terre"
"Les déserts sont le produit des masses d’air autour de la planète. Mais il est clair que l’homme vient souvent aggraver la situation en défrichant de manière inconsidérée ou en faisant pâturer trop d’animaux sur un territoire fragile. C’est le cas du Sahel : il y a déjà un excès de bétail. Et d’hommes. Pourtant le sahel n’est pas un désert : il y pleut tous les ans. Mais sous l’action conjuguée des fusils et du surpâturage, il ne restera plus un jour dans ces pays que des mouches et quelques lézards. Ce n’est plus le problème du Sahara où vit de moins en moins de monde…"
Théodore Monod "La plus belle histoire des plantes"
• Accès aux énergies fossiles
"Le pétrole, le gaz et le charbon ont mis plus de 100 Millions d’années pour se constituer. C’est le résultat de l’activité des plantes qui ont accumulé du gaz carbonique par la photosynthèse et de la géologie qui a permis de stocker cette matière sous forme fossile. Actuellement, nous sommes en train de libérer tout ce gaz dans l’atmosphère en trois ou quatre siècles ! Un temps extrêmement bref ."
Jean Marie Pelt "La plus belle histoire des plantes"
• Biodiversité
"Ce qui compte dans la sauvegarde des condors et de leurs congénères, ce n’est pas tant que nous avons besoin des condors mais que nous avons besoin des qualités humaines nécessaires pour les sauver ; car ce sont précisément celles là qu’il nous faut pour nous sauver nous-mêmes."
Mac Millan (cité dans plusieurs ouvrages)
"Encore une fois, la vie est extraordinairement robuste. Selon toute vraisemblance, elle survivra, persistera et s’épanouira au-delà de la crise contemporaine. Toute la question pour nous êtres humains est de savoir si nous serons encore là, et combien d’espèces nous aurons entraîné dans notre naufrage. Préserver les plantes, les animaux et les hommes relève du même combat, de la même lutte pour la survie."
Hubert Reeves « Mal de Terre »
• La nature est la plus grande mutuelle du monde
"Tous ses habitants sont interdependants. Une espece ne meurt pas sans dommages collateraux. L'ours, c'est le symptome. Les choses ne disparaissent jamais une a une. Elles s'evanouissent en cortège."
Jean Louis Etienne dans l'Express du 28 février 2007
• La peur du loup et la vie sauvage
"On a peur des loups alors qu’ils ont été nettement moins dangereux dans l’histoire humaine que les cochons qui ont dévoré un grand nombre de bébés. Pourtant, ce sont les loups qui peuplent les rêves des enfants pas les cochons. On craint les animaux que l’on ne connaît pas. …Nous avons domestiqué des petits loups et sommes devenus proches du fruit de cet apprivoisement, c'est-à-dire du chien obéissant et dépendant de l’homme alors que le loup incarne l’animal à l’état sauvage, la nature brute. L’homme éprouve un sentiment de crainte face la puissance du vivant. Il faut désespérément se civiliser sous peine de revenir à l’animalité."
Boris Cyrulnik "La plus belle histoire des animaux"
• Nos relations avec les animaux
"L’intelligence est un processus continu entre les animaux et les hommes."
Aristote
"L’homme n’est pas le seul animal qui pense, mais il est le seul à penser qu’il n’est pas un animal."
Pascal Picq
"À l’exposition universelle de Paris en 1937, les ménageries accueillaient à la fois des animaux exotiques, des Noirs et des Esquimaux […] Le jour où l’on acceptera enfin qu’il existe une pensée sans paroles chez les animaux, nous éprouverons un grand malaise à les avoir humiliés et considérés aussi longtemps comme des outils."
Boris Cyrulnik |